Cinéma

Lundi 15 août 2005

Enfin les beaux jours arrivent et avec eux nombre de réjouissances : le muguet, mon anniversaire et… le Festival de Cannes. Pour un premier festival, l’appréhension est grande et les questions se succèdent : quel est le programme de la semaine ? Quels films dans quelles salles et combien de fois ? Mon accréditation me permet-elle de monter les marches ? Tant de questions qui n’ont plus aucun secret pour moi aujourd’hui.

 

 

 

 

 

Arrivée à Cannes le mardi 10 mai, veille de l’ouverture, je fais un rapide repérage des lieux et une vraie redécouverte de ce Cannes customisé à la sauce ciné, et réussit à voir mon premier film à la Semaine de la Critique : Me & you & everyone we know, qui sera d’ailleurs largement récompensé à ma plus grande joie.

 

 

 

 

 

Le lendemain, jour d’ouverture, les cinéphiles ont droit à leur distribution de badges et programmes. Avant les réjouissances de la soirée (= montée des marches), la Semaine de la Critique m’enchantera encore avec un film français, La petite Jérusalem, film sur le combat d’une jeune femme entre la loi (de sa religion, juive) et le désir. Enfin, une instance préparation est nécessaire pour avoir le privilège de gravir les marches ô combien mythiques du Palais des festivals. Le film d’introduction, Lemming, qui est loin du documentaire animalier sur les rongeurs des steppes nordiques, nous plonge dans une atmosphère pesante. Premier visionnage, premier émoi, début de marathon. Marathon des films (21 en compétition officielle + Un certain regard + Quinzaine des réalisateurs + semaine de la critique), marathon des places, marathon du stress !

 

 

 

 

 

J1 : Premier jour officiel de compétition et 3 projections : Bashing, film japonais qui relate le retour d’une jeune bénévole qui s’est faite kidnapper durant la guerre en Irak et qui, pour être libérée, va obliger son pays à retirer ses troupes du sol irakien. Déshonneur et incompréhension rythment ce film, dont l’action ne m’a pas tenu éveillée très longtemps.

 

 

Ah ! Woody ! Le retour de Woody Allen sur la croisette avec Match point (j’espérais bien voir que ma déception de Melinda, Melinda serait effacée par ce nouveau film, et la mission fut accomplie). Avec un coup de chance pas possible, j’arrive à obtenir des places pour la corbeille, premier rang, juste au-dessus de l’équipe du film, un pur bonheur. On y retrouve une Scarlett Johansson magnifique, un sex-symbol, une jeune femme qui ne peut que susciter l’envie et le désir ; le décor londonien de l’action nous change un peu des paysages new-yorkais si chers au réalisateur ; tout est là pour nous ravir.

 

 

La soirée se termine par Kilometre 0, un film politique sur l’enrôlement des Kurdes dans les forces armées irakiennes, eux qui n’ont jamais souhaité défendre un pays qui les a tant fait souffrir par le passé. Film très réussi, quoiqu’un peu trop long, qui narre l’histoire d’un homme obligé de ramener le corps d’un soldat dans son village.

 

 

 

 

 

J 2 : le tant attendu Last Days de Gus Van Sant. Après avoir gagné la Palme d’or avec Elephant, chacun se bouscule pour ce nouvel opus. La salle, tout d’abord comble, se vide progressivement : question d’ennui dû à de nombreux plans fixes et lenteurs ? Ou est-ce le sujet qui déroute ? En pure fan de Nirvana, je ne retrouve pas Kurt dans ce film, mais c’est presque préférable. L’errance du personnage et la mise en scène sont en symbiose, les scènes musicales sont très puissantes et nous transportent dans l’univers du musicien.

 

 

Le soir, pour la montée de marches, Atom Egoyan nous présente un duo assez surprenant composé de Colin Firth et le beau gosse de Footloose, Kevin Bacon. Ce dernier m’a d’ailleurs très agréablement surprise : non seulement sa performance était assez réussie, mais en plus il est encore pas mal pour son âge ! Bref, Where the truth lies est une histoire d’amitié entre deux hommes dont le destin va basculer un soir, lors de la mort d’une jeune étudiante dans leur chambre d’hôtel. Divertissement agréable, mais qui ne bouleversera pas l’histoire du cinéma.

 

 

J3 : une pression énorme pèse sur Cannes. En avant-première mondiale, un public de privilégiés pourra voir Star Wars episode III ! Nul besoin de dire que les places coûtent cher, quelques journalistes en font profiter quelques personnes mais ils ne sont pas nombreux. 8 h 30, la séance va commencer et je me trouve toujours sans place. Là, un homme arrive avec deux places qui nécessitent d’avoir un badge pour rentrer, mais n’en possède pas. Il crie, insulte le personnel du palais puis déchire les places sous nos yeux ébahis et rageurs, tel Gainsbourg avec son billet de 500 F (Le franc est une monnaie disparue, remplacée par l’Euro en 2001), les places de Star Wars envolées ! Un Américain habitué du festival alors suit l’homme énervé qui allait jeter ses places à un moment, et les récupère. C’est alors que je peux profiter de l’une de ses places et finalement assister à la mythique première séance interplanétaire de Star Wars. Nul besoin de dire que je me suis délectée de cette explosion d’images.

 

 

Commençant magistralement cette journée, portée par des nuages, mon bonheur s’est étalé, comme un soufflé devant le dernier opus de Johnnie To, Election. Encore une histoire de règlement de compte entre triades, où l’on arrive à ne s’attacher à aucun personnage. Une spectatrice me confiera d’ailleurs ne rien avoir compris à l’histoire à cause du problème d’identification des personnages !

 

 

Ensuite, place à un grand favori de la compétition, Michael Haneke, avec Caché interprété par Daniel Auteuil et Juliette Binoche. Un lourd passé enfoui refait surface et bouleverse les protagonistes de cette histoire. De trop nombreux plans fixes ne servent pas toujours l’histoire, et ennuient passablement le spectateur, bien que l’idée soit bonne.

 

 

A la quinzaine des réalisateurs, un film très intéressant va être projeté : Factotum avec l’excellent et toujours aussi sexy, Matt Dillon. C’est l’histoire d’un mec un peu paumé et pas très motivé par son travail, mais beaucoup plus par la boisson. Film dont il faudra retenir tout de même une leçon d’auto-école très intéressante : la seule cause de perte de contrôle de son véhicule qui soit involontaire est l’éternuement !

 

 

Ayant raté la majestueuse montée des marches de l’équipe de George Lukas avec orchestre et garde impériale, il reste une dernière séance à minuit, qui ne commencera pas avant 1 h du matin pour Kiss kiss bang bang, film de Shane Blake. Un vrai plaisir : une comédie noire à la façon de L’arme fatale, avec un Robert Downey Jr qui nous fait oublier qu’il a joué dans Ally McBeal ! Excellente fin de soirée pour une journée mémorable.

 

 

 

 

 

J4 : Un repos bien mérité et seulement une première séance à 11 h pour voir ce qu’a bien pu faire Marco Tullio Giordana, après Nos meilleurs années. Quelle déception de constater que rien dans ce film ne nous tirera une larme, ni même ne nous donnera envie de nous attacher à ces personnages. Fond politique : exil de population vers l’Italie, une relation père-fils finalement peu attachante.

 

 

Puis un film mexicain diffusé une seule fois, et on en remercie l’équipe de la programmation (!), Batalla en el cielo. Histoire d’un homme qui kidnappe un enfant pour demander une rançon, mais l’opération tourne mal et l’enfant meurt. Impuissant (face à la situation mais non physiquement), son entourage le décidera à se livrer. Les scènes d’amour (si on appelle ça de l’amour) entre le personnage principal et sa femme, puis avec la fille de son patron, une prostituée, sont plus que déroutantes. On ne comprend pas comment elles servent l’histoire et aucune esthétique ne se dégage non plus de celles-ci. On sort avec un profond dégoût de cet homme qui, physiquement, est loin d’être attirant et aux mœurs un peu trop légères.

 

 

 
Par Vero
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Jeudi 25 août 2005
Palme d'or : A history of violence, de David Cronenberg
Grand Prix : Les 3 enterrements, de Tommy Lee Jones
Interprétation féminine : Les 3 actrices de Free Zone, de Amos Gitaï
Interprétation masculine : Michael Pitt, dans Last Days, de Gus Van Sant
Scénario : Les 3 enterrements, de Tommy Lee Jones
Mise en scène : Sin City, de Robert Rodriguez
Prix du Jury : L'enfant, des frères Dardenne
 

 
Par Vero
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Jeudi 22 septembre 2005

Après le Festival de Cannes, voici le Festival du film américain de Deauville, sa Normandie, ses Américains et ses stars absentes ! Cette année, pas de grandes pointures, à part Pierce Brosnan, Val Kilmer, Robert Downey Jr et... on a du mal à pouvoir faire une liste exhaustive des stars absentes. Néanmoins, on peut tout de même apprécier le calme de ce festival ; très loin de Cannes du point de vue de la fréquentation, du nombre de films projetés, etc. Le stress ne peut nous atteindre dans cette petite bourgade calme, désertée par ses vacanciers, tous rentrés à la capitale. Malgré les deux premiers jours de festival que j'ai malheureusement ratés, le rythme est pris, 3 à 4 films par jour, critiques en rentrant à l'appart et cidre, calvados et poiré à volonté au stand Big Apple Bar ! Vous saurez dans quelques jours mes impressions sur les films de la compétition, les hors compétition, et mon palmarès.

Je tiens à vous faire part de cet article parru dans Libé, écrit par Philippe Azoury; l'article se suffit à lui-même :

"Un message préenregistré tente de dissuader quiconque de lâcher son chien sur le sable, mais pas le moindre labrador à l’horizon. Quelques pulls noués autour des épaules ont été recensés, mais près des cours de tennis. Il y a bien l’entrée du CID réservée aux invités du Medef, une porte dérobée sur le flanc gauche de l’édifice, mais inutile d’y faire le pied de grue dans l’espoir de ramener à ses gosses un autographe (…) : personne ne l’emprunte. Deauville attend son dernier week end pour s’animer. Il y aura de quoi, avec la venue de la poterie humaine Abel Ferrara en pleine mystique (qui n'est pas venu car récompensé à Venise) et du curiste Tim Burton, venu présenter les Noces Funèbres, dont l’affiche rappelle la magnificence gothique de l’étrange Noël de Monsieur Jack (qui est loin de pouvoir rivaliser avec celui-ci).
En attendant l’ambiance est celle d’un plateau de tournage cinq minutes avant l’arrivée des figurants. Le décor est planté. Il est bien le seul."
Par Vero
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Jeudi 22 septembre 2005

Cette année, Deauville propose dix films en compétition, et une vingtaine de films entre avant-première, documentaires et autres. Pour parler de la compétition, les films étaient plus qu'éclectiques, nous montrant une Amérique qui doute d'elle-même. Le racisme, la peur de l'autre, la violence, les différences et la tolérance zéro envers les autres furent les thèmes récurrents des films de la compétition.

C'est ainsi que, dans "Collision", Los Angeles est résumée à une ville dans laquelle les gens ne communiquent que par la violence, engendrée par la peur de l'autre, notamment un racisme exacerbé.

Dans "La ballade de Jack & Rose", un homme et sa fille se sont volontairement exilés sur une île pour échapper à tout contact nocif d'uen société américaine qui pourrait les pervertir.

"Keane" ou les errances d'un père déchiré par la perte de sa fille dans une gare routière, "Reefer madness" ou la propagande anti-marijuana dans les années 30 aux US, "Transamerica", un road movie sur fond de transsexualité et retrouvailles familiales, "40 shades of blue", le parcours d'une jeune russe mariée à une vieux crooner qui la délaisse.

On remarque surtout que la famille est peu présente dans ces films, sentiment d'abandon dans une Amérique trop grande et qui n'offre aucun réconfort.

Mes deux coups de coeur du festival iront à : "Brick", film de Hal Salwen et "Pretty persuation" de Marcos Siega.

"Brick" est un film sur des adolescents bien loin des teen-movies, bien que son acteur principal, Jonathan Gordon-Levitt, ait percé grâce notamment à "10 bonnes raisons de te larguer". "Brick" est l'histoire d'un jeune homme qui mène une enquête après avoir découvert le corps de son ex-copine morte. A l'opposé de films se finissant par un bal de promo, Brick nous entraîne dans une Amérique où la violence, la manipulation et la drogue régulent la vie des lycéens.  JGL arrive ici avec un rôle qui lui permettra très certainement de casser son image de "gentil premier de la classe".

"Pretty persuation", un autre film sur des adolescentes américaines, est une sorte de remake de "Prête à tout" version "je veux être une actrice à Hollywood". Ce film est mené remarquablement par Evan Rachel Wood, déjà vu dans Thirteen.

Palmarès du festival:

Grand prix : "Collision" de Paul Haggis

Prix du jury : "Keane" de Lodge Kerrigan et "On the outs" de Lori Silverbush et Michael Skolnik

Prix du scénario : "Transamerica" de Duncan Tucker

Prix de la critique internationale : "Keane" de Lodge Kerrigan

Prix première : "Reefer madness" d'Andy Fickman

Prix Michel d'Ornano : "La Petite Jérusalem"  de Karin Albou

 

Par Vero
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Mardi 11 octobre 2005

Le titre du dernier (et second) film de Stéphane Brizé, Je ne suis pas là pour être aimé, est évocateur et assez aguicheur. D'emblée, on s'attend à un personnage acariâtre, méchant, mesquin, petit. A la place, on retrouve Patrick Chesnais dans un rôle qui, ma fois, ne lui en déplaise, lui va bien ! Il est huissier, pas forcement heureux dans sa vie mais ne s'en plaint pas plus que ça. Il essaie de susciter un intérêt pour sa profession à son fils, qui est loin d'y être réceptif. Jusqu'au jour où... il s'inscrit à un cours de tango.

 

 

Effectivement, durant ces cours de danse, il apprendra à s'ouvrir un peu, à découvrir que l'on peut prendre un certain plaisir à faire des choses nouvelles... mais le vrai problème de cet homme réside dans sa relation conflictuelle avec son père, un homme âgé, détestable, un "Tatie Danielle" au masculin. Toute sa vie, le personnage de Patrick Chesnais cherchera la reconnaissance de son père à travers le sport, son travail, sa conduite exemplaire, etc. dans l'espoir d'obtenir une quelconque preuve d'affection de la part de son paternel. Affiche 'je ne suis pas là pour être aimé'

 

 

On imagine peu le mal que peut procurer une non reconnaissance de mérite face aux efforts fournis ; pourtant, nombre d'hommes et également de femmes sont chaque jour en quête d'amour paternel ou maternel, seule clé de leur épanouissement. Ces parents qui ont eux-mêmes peu reçu d'amour de leurs parents sont incapables d'en donner ou bien le font de manière gauche. Souvent avares de compliments, et d'une incapacité à prendre quelqu'un dans leurs bras, ils engendrent d'autres handicapés des sentiments. Cercle vicieux de la vie qui décuple leur complexe d'Oedipe. En résumé, trois générations qui ont fondamentalement besoin l'une de l'autre, où la communication est plus que difficile.

 

 

On remercie S. Brizé pour nous avoir donné un si bon moment, dont l'humour grinçant donne à penser à une influence Jaoui-Bacri. Courez-y vite. Vous ne le regretterez pas !

 

 

V

Par Vero
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Vendredi 14 octobre 2005

Que ce soit dans la mode, dans la rue, dans la musique ou au cinéma, le gothic se montre et se marginalise. Encore une fois, on va accuser M. Manson (Marylin de son prénom de scène) d'être l'instigateur de ce mouvement ! Véritable phénomène d'une société en quête de sensations fortes et de rébellion, les jeunes (en tête de file) se dirigent vers ce mouvement qui traduit leurs angoisses,... mais ce mouvement garde-t-il autant de force quand il va jusqu'à être exhibé sur des podiums ???

Le cinéma n'est donc pas en reste, Tim Burton en première ligne. (J'occulte volontairement les films fantastiques et "d'horreur" dont nous sommes assaillis pour me concentrer sur l'univers burtonien). Tim Burton nous a habitués au pire comme au meilleur... d'Edward aux mains d'argent, L'Etrange Noël de M. Jack, Sleepy Hollow, etc. à la Planète des singes.

Graphiquement parlant, son nouvel opus ressemble étrangement à l'étrange noël de M. Jack, en moins squelettique (dommage). On s'attend donc à un second chef-d'oeuvre gothique à la grâce évanescente, mais on déchante malheureusement assez facilement...Dans les Noces funèbres, Victor et Victoria sont victimes d'un mariage arrangé qui sera compromis par une rencontre fortuite et une descente au royaume des morts. Histoire d'une banalité affligeante, malgré un graphisme très réussi. Peut-être avait-il encore la tête dans son ascenseur de verre et l'univers de Roal Dahl, cocoonant sa progéniture.

  V

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Vero
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Mardi 25 octobre 2005

Les chevaliers du ciel

 

 

 

 

De Gérard Pires

Avec Clovis Cornillac, Benoit Magimel, Géraldine Pailhas

 

  

 Le couple Tanguy et Laverdure est remplacé ici par Marchelli et Vallois ; mais qui se rappelle de ce duo de choc qui enchantait le petit écran des années 70 (Jacques Santi et Christian Marin) ?  Réponse : A peu près le tiers des spectateurs visés par ce film. Marchelli et Vallois est un duo qui fonctionne bien : Benoît Magimel en doué de la bande, un poil introverti mais craquant, et Clovis Cornillac en rigolo de service et compagnon fidèle, grande gueule mais attachant. Bien entendu, pour que la sauce prenne, il fallait ajouter à ce monde de brutes une pointe de douceur : Géraldine Pailhas, perchée sur des talons aiguille et serrée dans ses tailleurs comme dans un corset, a de quoi faire saliver l’audience masculine, ainsi que la magnifique Alice Taglioni, très sexy dans son uniforme militaire (sans mentionner le striptease de l’officier américaine sur un avion de chasse – très belle carrosserie). Il ne restait plus qu’à intégrer le décor : une base militaire et ses joujoux grandeur nature.

Les amateurs de gros avions seront servis. Les images ont toutes été tournées sur des Mirages 2000 en exercice, pas d’effets spéciaux numériques. Le spectateur passera presque la moitié du temps du film dans les airs, accroché au manche, et malgré les images magnifiques qui nous sont données de voir (comme le survol de Paris ou du Luberon), le retour à la terre ferme est parfois vécu comme une délivrance, ce qui n’enlève rien à la prouesse technique réalisée par les équipes de tournage.

Gérard Pires nous donne ici un film qui a autant la pêche que "Taxi", le côté humoristique en moins. C’est un vrai film d’action français (ce qui est rare), et on peut aisément clamer haut et fort que nous n'avons rien à envier au cinéma américain.

On regrette néanmoins le placement de produits, toujours plus présent à l’écran (mais toujours moins que dans Goal ou The Island), notamment une marque d’informatique qui produit des lecteurs MP3 blancs ayant pour emblème une pomme ! Ce film avait-il tant besoin de sponsoring que ça ?

 

NB : La bande originale à découvrir d'urgence.

Véro

 

Par Vero
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Mardi 25 octobre 2005

L'effet est de taille : Monsieur Cronenberg vient présenter son dernier film, a history of violence, à Lyon, accompagné par le beau Viggo Mortensen. Malheureusement négligé pendant le Festival de Cannes, Cronenberg entend bien défendre son film à travers le monde. La critique le qualifiant de trop "classique", il devrait essayer de voir plus loin. En effet, on est loin d'Existenz, mais le propre de ce réalisateur est-il de se cantonner à un genre ou de jongler selon ses envies et convictions?

Ici, le propos principal du film est, vous l'aurez compris, la violence. La violence de manière générale est présente en chaque individu, l'utiliser ou bien se laisser gouverner par elle n'est plus qu'une question de choix. Loin d'un moraliste, Cronenberg se pose en humaniste existentialiste, ce qui peut paraître présomptueux ; néanmoins, ses convictions rejoignent celles du film. Cette notion de choix d'utilisation de la violence relance encore une fois la polémique sur le taux de criminalité aux Etats-Inis (bien que le film soit entièrement tourné au Canada !).

Le casting est excellent: Viggo Mortensen en père de famille modèle, Maria Bello en épouse attentive et aimante, Ashton Holmes que l'on souhaite revoir rapidement à l'écran, etc. L'histoire est beaucoup plus "abordable" pour un public qui n'est pas habitué à Cronenberg. Une belle réussite. Je ne me lasse pas de le regarder.

Véro

Crédit photos: Loll Willems - www.lollwillems.com

 

 

Par Vero
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Jeudi 27 octobre 2005

Et non, ce n’est pour évoquer le grand prix de tennis de Lyon que je vais aborder le sujet du tennis, mais plutôt le dernier opus de Woody Allen : "Match Point". Après l’inégal "Melinda, Melinda", dans lequel s’opposaient deux visions toutes aussi manichéennes l’une que l’autre, la critique ne savait pas à quoi s’attendre de la part du réalisateur new-yorkais préféré des Français. Et quelle agréable surprise ! 

"Match point" est tout d’abord l’histoire d’un ancien champion de tennis issu d’un milieu modeste qui réussit à se faire "adopter" par une famille londonienne fortunée. Manipulateur et vil, le destin et le hasard - « chance » en anglais, et le terme est ici plus qu’approprié – seront ses seuls atouts pour accéder à ce monde auquel il aspirait en tant que professionnel.

Loin de la love story que l’on pourrait supposer au vu de l’affiche (par ailleurs très décevante), Match point est un film sombre d’une grande sensualité. Jonathan Rhys Meyers se pose en véritable Iago, envieux et jaloux de la richesse et du bonheur des autres. Scarlett Johansson représente elle aussi la classe moyenne, mais américaine, envieuse du confort financier de la famille de son fiancé, et aspirant à une carrière de comédienne qui lui rendrait son indépendance. Injustice et désespoir poussent ces deux compagnons d’infortune à se rapprocher. Ce rapprochement charnel est assez étonnant chez Woody Allen, où la passion qui anime les deux protagonistes et la sensualité qui s’en dégage sont très rarement filmées. On peut alors se demander s’il n’aurait pas volontairement oublié son élégante pudeur de l’autre côté de l’Atlantique en venant à Londres.

Du grand Woody Allen, un film qui réconcilie tous les critiques, des dialogues d’une justesse incroyable, un casting parfait,… "Match point" fut LE film hors compétition du Festival de Cannes, et maintenant LE film qui fera décoller la fréquentation des salles obscures cet l’automne.

Noir, amoral, jouissif, on en veut plus ; prions pour que Woody Allen nous redonne autant d’émotions dans ses films à venir, et que l’Europe lui inspire encore son talent.

 Véro

 

 

 

 

 

 

Par Vero
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Jeudi 3 novembre 2005

Et bien, ce sont des choses qui arrivent. Phénomène de plus en plus rare je vous l'accorde, mais il existe sûrement des hommes et des femmes qui, par choix ou non, sont encore vierges à 40 ans. Quelle que soit la raison de ce fait... le résultat est le même : ça choque !

 

 

 

C'est donc le parcours "initiatique" du pauvre Andy, vierge du nouveau film de Judd Apatow. Il travaille dans un magasin d'équipement électronique, habite un appartement rempli de consoles de jeu et figurines de héros de bandes dessinées, très propre et rangé. Il se complaît dans cette situation, jusqu'au jour où ses collègues viennent s'en mêler.

Quelques passages valent le détour, dont une scène d'épilation du torse (sans trucage, on a mal pour lui vu sa toison), le moment fatidique du "bonheur suprême", et la réplique qui tue:  "Tu sais pourquoi je sais que tu es gai ? Parce que tu aimes Coldplay !"

Du concentré de bonne humeur, de vraies réflections sur les difficultés rencontrées à la trentaine. Le genre est lancé. Après les teen-movies, voilà une nouvelle vague de comédies pour une audience plus mûre mais dans le même esprit de dérision.

 

 

Le débat est lancé, et ce n'est pas le Vatican qui s'en plaindra. Aujourd'hui, on assiste au retour à des valeurs très traditionnelles. Loin d'être ringard, les mocassins, les serre-tête et peut-être bientôt les robes à smocks reviennent à la mode, alors pourquoi pas le fait de rester vierge ? A l'époque, Britney Spears ne s'était pas gênée pour baser son fonds de commerce dessus, et ça a marché. La virginité, nouvel argument marketing ou vraie conviction ?

Andy a fait le choix de rester vierge jusqu'à ce qu'il se sente prêt... et vous ?!

 

Par Vero
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12 au 15/06 : Mylène Farmer (Halle T. Garnier)

14/06 : Oasis (Théatre antique de Vienne)
22/06 : Marylin Manson  (Théatre antique de Vienne)

05/07 : Blur (Fourvière)
17/07 : Tracy Chapman (Fourvière)
20/07 : Olivia Ruiz (Fourvière)
21/07 : Anthony and the johnsons (Fourvière)
23/07 : Jamie Cullum (Fourvière)
25/07 : Bénabar (Théatre antique de Vienne)
26/07 : Peter Doherty et Cold War Kids (Fourvière)

01/08 : Anaïs (Fourvière)
18/08  : Leonard Cohen  (Théatre antique de Vienne)

20/11 : Indochine (Halle T. Garnier)

18/12 : Superbus (Halle T. Garnier)

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