Mardi 10 novembre 2009
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Régis Deloux est un professeur de mathématiques frustré et aigri dont la vie amoureuse est un néant. Un jour, en allant acheter des livres d'occasion, il découvre entre les pages une broche avec le
portrait de Sissi (impératrice) et se pique avec. A partir de ce moment là, il est possédé par un sort étrange, qui l'oblige à prendre un rôle dans plusieurs films pour sauver la pauvre Sissi,
enlevée par l'horrible Crapps, dans le but de la ramener dans son film d'origine...
Hommage désastreux au 7e art
Après l'énorme succès de Podium, on attendait avec impatience le nouveau Yann Moix, dont les rouages d'un succès populaire n'a plus de secret pour lui. Reprenant des ingrédients essentiels à la
recette d'un film français grand public, il a choisi de caster un acteur populaire, des références au cinéma connus de tous (afin de ne pas perdre ses spectateurs) et une folle envie de divertir.
Malheureusement, la mayonnaise ne prend pas. Explication.
Pourtant, le simple fait de vouloir re-visiter des scènes mythiques du cinéma est un fantasme que beaucoup (acteurs et spectateurs) souhaiterait un jour réalisé, rien que pour cotoyer certaines
stars, ou revetir un costume, ... La première erreur de Moix a été de privilégier la quantité à la qualité. Sur la dizaine de films proposés, certaines reconstitutions sont assez bien faites
(Harold Lloyd, dans « Safety last », où Dubosc est suspendu aux aiguilles d'une horloge, ou encore celle de « Pour une poignée de dollar », où la ressemblance entre Dubosc et
Clint Eastwood est assez bluffante), et d'autres laissent dubatifs (la reconstitution de Tarzan empruntant des images à un docu animalier, et où les singes sont des hommes déguisés en singe et où
les léopards sont de grosses peluches, ou empaillés). On se doute bien que ce travail de reconstitution doit être très onéreux, alors cette surenchère, malgré ses bonnes intentions, en est d'autant
plus maladroite...
Point de vue casting, ceux qui n'aiment pas Franck Dubosc dans ces rôles de lovers vont être déçu, car son rôle de Regis Deloux est une réplique exacte de ce qu'il a l'habitude de faire, voir même
encore plus ringarde que d'habitude, car il ressemble à une sorte de Chirac des années 70, cheveux plaqués en arrière et lunettes à gros carreaux. Alors que l'on s'attendrait plutôt à un personnage
humble, modeste et discret, à la Spiderman, qui aurait été beaucoup plus crédible, on se retrouve face à un chevalier imbu de sa personne et puant. Pierre-François Martin-Laval, quant à lui, est
une caricature ambulante dans son rôle de méchant absolu, son facies poupon et charmant ne collant pas du tout avec le rôle de salaud qui lui ait confié. Et Lucy Gordon erre dans cette narration
tel une potiche que l'on se dispute...
Mais cette déception face au jeu d'acteurs n'est pas tant de leur ressort, mais plutot le resultat d'un scénario baclé. L'histoire du pauvre bougre qui va sauver la princesse pourrait encore passé,
mais les mécanismes pour entrer et sortir des films sont ridicules, les reconstitutions pas toujours crédibles, et finalement, ce que Yann Moix voulait faire, rendre un hommage au cinéma, se
retrouve massacré à la truelle sur l'hôtel de la négligence...
Malgré quelques scènes qui donnent le sourire, Cinéman est loin d'être un ambassadeur du 7e art...
Sortie le 28 octobre 2009
Critique ciné écrite pour www.abusdecine.com