Chacun sa nuit

Publié le par Vero

Il y avait Pierre, Nicolas, Baptiste, Sébastien… et puis Lucie. Inséparable comme les 5 doigts de la main, leurs vies s’articulaient autour de la musique, de sorties, de dragues, des cours de fac. Ils menaient une vie d’insouciance jusqu’au jour ou Pierre, le frère de Lucie, est retrouvé mort, dans une clairière. Sa sœur n’acceptant pas sa disparition va essayer tant bien que mal de retrouver l’auteur de ce crime. Tourmentée, à la limite de la démence, Lucie cherche à trouver qui lui a enlevé son soleil, le seul être qui compte pour elle.

 Magnifique et troublant

 Lucie et Pierre entretiennent une relation particulière, frôlant l’inceste sans jamais en la franchir la limite. Aussi touchante que troublante, cette proximité met tout de suite le spectateur mal à l’aise. Non pas par l’aspect tabou de la chose, mais parce que dans ce ‘huit clos’, seuls les 3 autres garçons de la bande sont invités à être témoin de leur attachement, pas un de plus. Ce n’est pas la nudité non plus à laquelle ils s’exposent qui dérange, ni la liberté sexuelle qui les caractérisent. Sans complexe ni pudeur, ce ‘couple’ fusionnel fascine et dérange.

 Très clairement le spectateur n’est pas invité dans cette relation, entre frère et sœur ou bien même dans le groupe. A la manière de Paul, un ‘simple d’esprit’ du village, que le groupe autorise à les espionner, le spectateur devient observateur, et même voyeur.

 

  Des plans fixes pour filmer les actions dans la plus grande neutralité. Ces plans, parfois même tordus, peuvent donner l’impression d’un certain amateurisme de la part des réalisateurs, alors que ce choix a pour but de mettre de la distance entre l’action et renforcer le côté contemplatif des souvenirs de Lucie, parfois désordonnés, mais toujours remplis de nostalgie et d’amour.

 Tout au long du film, on oublie parfois que l’action inspirée d’un fait divers est avant tout une intrigue policière. Le meurtre de Pierre est le déclencheur de la ‘folie’ de Lucie, et surtout du début de sa thérapie.

 Filmé dans un cadre magnifique et sauvage, la nature et les personnages ne font qu’un . Sorte de miroir, la montagne Sainte Victoire a l’image de Lucie est pure, sauvage, passionnée, tantôt calme tantôt déchainée .

 Ils sont rares ces films qui vous troublent tant que vous y pensez le soir en rentrant, puis le lendemain, et dont le simple fait de l’évoquer vous donne de nouveau envie de s’y plonger.

Publié dans Cinéma

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