Le temps qui reste - François Ozon à nu

Publié le par Vero

 

Enfin, Melvil Poupaud est le personnage principal d’un film qui ne passera pas inaperçu, notamment parce qu'il est dirigé par Francois Ozon. Les deux hommes se sont rencontrés plusieurs fois, avec l’envie de travailler ensemble, mais pour une question de justesse, la collaboration ne sera que récente. "Le temps qui reste" est un drame comme on les aime: beau et juste. Rien n'est magnifié. On suit le parcours de Romain, un jeune homme face à sa mort proche. En tout intimité, il va faire la paix avec lui même, et tenter de laisser une trace derriere lui. Un film touchant, mais qui sait contourner la lourdeur d'un tel sujet et les clichés qui l'entourent.

 

 

 

Entretien de Melvil Poupaud et Francois Ozon

 

 

 

 

 

La mort comme toile de fond : sujet certes contemporain, mais évite habilement le cliché du jeune homosexuel atteint du sida (ici, c’est un cancer généralisé qui emportera Romain). Il serait également facile d’assumer que "Le temps qui reste" est un autoportrait d’Ozon, l’un des films les plus intimistes qu’il ait réalisé. Ce film est effectivement un portrait intime d’une personne face à sa propre mort, mais pas plus intime que "Sous le sable", s elon lui. C’est une introspection, et une réconciliation qui permettent au personnage de trouver la paix. Sa mort est injuste, il essaie donc de lui donner un sens en laissant une trace, un enfant.

 

 

 

 

Le personnage de Romain : Bien qu’assez proche de son personnage, un jeune parisien, bien propre sur lui, un poil rebelle, appartenant au monde artistique parisien, Melvil Poupaud, a été éprouvé physiquement : grossir, maigrir, se raser le crâne… son corps étant le seul reflet des différentes phases d’avancement de sa maladie. Ce mal nécessaire ne semble pas perturber Melvil Poupaud qui souhaitait à sa manière incarner Ozon à l’écran le plus fidèlement possible.

 

 

Melvil Poupaud est touchant quand il essaie de déculpabiliser le comportement de Romain, quelqu’un d’aigri qui semble en vouloir à la terre entière. C’est quelqu’un qui ne se confie pas, il est discret, et même assez courageux. Il ne craquera qu’en présence de sa grand-mère (Jeanne Moreau). « Il fait le choix courageux de mourir dans son coin, comme un animal. (…) Ce type est foncièrement frustré par beaucoup de choses, mais se révèle très protecteur par rapport à son entourage et fait des efforts par petites touches. » Il a besoin de se réapproprier la période de pureté de l’enfance.

 

 

 

 

Jeanne Moreau : elle ne souhaitait pas se voir proposer le rôle de la grand-mère ! Mais Ozon a su lui montrer la profondeur de son personnage, qui est aussi une femme. Une femme impressionnante par sa voix, sa présence, qui n’a pas accordé de traitement de faveur à un Melvil Poupaud qui avait parfois l’impression de déranger le couple Ozon/Moreau. Porté par sa grâce, la barrière une fois brisée, il a découvert une femme délicieuse dont il est maintenant assez proche.

 

 

 

 

L’essentiel : Contrairement à certains de ses collègues, Ozon n’hésite pas à couper de séquences au montage, il a besoin d’aller à l’essentiel pour garder une intensité, aller jusqu’à l’os. Cet exercice de réécriture est tout aussi excitant que le tournage s elon lui. De toute facon, les spectateurs d’aujourd’hui comprennent plus rapidement qu’avant, donc les scènes explicatives ne servent plus à rien.

 

 

 

 

On l’a compris, Ozon n’est pas là pour que l’on parle de lui, mais de son film.

 

 

Publié dans Cinéma

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Ally 03/12/2005 17:58

J'avais déjà envie de le voir mais là ca me donne encore plus envie ;)