Jeudi 1 décembre 2005

 

Enfin, Melvil Poupaud est le personnage principal d’un film qui ne passera pas inaperçu, notamment parce qu'il est dirigé par Francois Ozon. Les deux hommes se sont rencontrés plusieurs fois, avec l’envie de travailler ensemble, mais pour une question de justesse, la collaboration ne sera que récente. "Le temps qui reste" est un drame comme on les aime: beau et juste. Rien n'est magnifié. On suit le parcours de Romain, un jeune homme face à sa mort proche. En tout intimité, il va faire la paix avec lui même, et tenter de laisser une trace derriere lui. Un film touchant, mais qui sait contourner la lourdeur d'un tel sujet et les clichés qui l'entourent.

 

 

 

Entretien de Melvil Poupaud et Francois Ozon

 

 

 

 

 

La mort comme toile de fond : sujet certes contemporain, mais évite habilement le cliché du jeune homosexuel atteint du sida (ici, c’est un cancer généralisé qui emportera Romain). Il serait également facile d’assumer que "Le temps qui reste" est un autoportrait d’Ozon, l’un des films les plus intimistes qu’il ait réalisé. Ce film est effectivement un portrait intime d’une personne face à sa propre mort, mais pas plus intime que "Sous le sable", s elon lui. C’est une introspection, et une réconciliation qui permettent au personnage de trouver la paix. Sa mort est injuste, il essaie donc de lui donner un sens en laissant une trace, un enfant.

 

 

 

 

Le personnage de Romain : Bien qu’assez proche de son personnage, un jeune parisien, bien propre sur lui, un poil rebelle, appartenant au monde artistique parisien, Melvil Poupaud, a été éprouvé physiquement : grossir, maigrir, se raser le crâne… son corps étant le seul reflet des différentes phases d’avancement de sa maladie. Ce mal nécessaire ne semble pas perturber Melvil Poupaud qui souhaitait à sa manière incarner Ozon à l’écran le plus fidèlement possible.

 

 

Melvil Poupaud est touchant quand il essaie de déculpabiliser le comportement de Romain, quelqu’un d’aigri qui semble en vouloir à la terre entière. C’est quelqu’un qui ne se confie pas, il est discret, et même assez courageux. Il ne craquera qu’en présence de sa grand-mère (Jeanne Moreau). « Il fait le choix courageux de mourir dans son coin, comme un animal. (…) Ce type est foncièrement frustré par beaucoup de choses, mais se révèle très protecteur par rapport à son entourage et fait des efforts par petites touches. » Il a besoin de se réapproprier la période de pureté de l’enfance.

 

 

 

 

Jeanne Moreau : elle ne souhaitait pas se voir proposer le rôle de la grand-mère ! Mais Ozon a su lui montrer la profondeur de son personnage, qui est aussi une femme. Une femme impressionnante par sa voix, sa présence, qui n’a pas accordé de traitement de faveur à un Melvil Poupaud qui avait parfois l’impression de déranger le couple Ozon/Moreau. Porté par sa grâce, la barrière une fois brisée, il a découvert une femme délicieuse dont il est maintenant assez proche.

 

 

 

 

L’essentiel : Contrairement à certains de ses collègues, Ozon n’hésite pas à couper de séquences au montage, il a besoin d’aller à l’essentiel pour garder une intensité, aller jusqu’à l’os. Cet exercice de réécriture est tout aussi excitant que le tournage s elon lui. De toute facon, les spectateurs d’aujourd’hui comprennent plus rapidement qu’avant, donc les scènes explicatives ne servent plus à rien.

 

 

 

 

On l’a compris, Ozon n’est pas là pour que l’on parle de lui, mais de son film.

 

 

par Vero publié dans : Cinéma
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Jeudi 24 novembre 2005

 

 

Watcha, groupe de métal français qui tourne depuis… plus de 7 ans déjà. Les 5 membres, tout aussi excités les uns que les autres, ont fait de la zic leur passion, et ça se sent.

 

 

Les qualifier de groupe métalleux serait assez réducteur, parce que les décrire est bien plus complexe que ça. Ici, pas de tatoos (apparents), mais quelques piercings. Le son est résolument saturé - Fred, Manu et Pendule ont de bonnes grosses guitares dont ils n’ont pas peur de se servir – mais notre hôte, El Butcho (le boucher en espagnol !), aux dreads bicolore, allie messages positifs et voix méchamment puissante ! Alors finalement, Watcha fait quoi ? Du métal, hardcore mélodique au discours civique de respect de l’autre et de son environnement.

 

 

La démesure dans le respect, comme le chante les Mass Hysteria, dont le public semble assez proche de celui des Watcha : un public très jeune, surexcité, qui se presse contre la scène dans le but de monter pour mieux sauter et slamer, et un public plus mûr, qui regarde le spectacle de loin, appréciant tout autant le concert. D’ailleurs, un petit interlude acoustique est le bienvenu au milieu du concert autant pour calmer les foules que pour démontrer que Watcha n’est pas qu’un groupe de rockers, mais aussi des citoyens qui ont des choses à dire, et qui prennent leur rôle de stars au sérieux.

 

 

 

 

Pour ce 4e album, Phenix, Watcha ne renaît pas de ses cendres, mais s’élève plutôt au rang de groupes incontournables de la scène française.

 

 

 

 

Une interrogation subsiste pour moi : l’allusion faite à Pleymo (mais qu’est-ce qui nous tord l’âme) pendant le concert est-elle l’expression d’une rancœur ou juste un hommage à des potes ???

 

 

Rockement vôtre,

V

par Vero publié dans : Musique
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Jeudi 24 novembre 2005

Ici n'est pas coutume d'utiliser mon blog à des fins politiques, mais je ne peux que soutenir l'initiative : en France, aujourd'hui, plus de 800 000 stagiaires sont présents en entreprise. Pour certains, c'est un vrai apprentissage où ils découvrent un métier, une fonction. Pour d'autres, c'est une manière d'ajouter une ligne à leur CV, que les entreprises demandent encore plus gonflés, et parfois vont jusqu'à payer des organismes qui leur fournissent des conventions de stage alors qu'ils ne sont plus étudiants.

C'est donc dans cette logique que de plus en plus d'entreprises ne recrutent pas de jeunes diplomés, mais d'anciens diplomés qui ont pu continuer 1 à 2 ans en stage apres leurs diplômes.

Financièrement, ce n'est pas avec le tiers du SMIC (rémunération moyenne d'un stagiaire en province) ou même le SMIC (rémunération commune sur Paris dans les grosses structures) qu'un jeune diplômé peut s'en sortir. Alors, deux solutions s'offrent : soit accepter un travail au-dessous de ses capacités intellectuelles, qui n'a généralement aucun rapport avec ses études et compétences, soit continuer à dépendre de ses parents.

Encore un systeme à deux vitesses !

Très sincèrement, qu'attendre du gouvernement ? D'être entendu ? Les actions traînent et ne changent rien pour la plupart d'entre nous. Dans notre vieille France, cela fait bien longtemps qu'il n'y a plus de places pour les jeunes.

Plus d'infos: http://www.generation-precaire.org/

 

par Vero publié dans : En apparté
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Mardi 22 novembre 2005

De Hou Hsia Hsien

 

 

Avec Shu Qi, Chang Chen

 

 

 

Trois histoires d’amour à trois époques différentes (1966, 1911 et 2005). Chaque histoire, jouée par le même couple d’acteurs, nous montre de quoi était composé leur amour infini.

 

 

 

Amour toujours

 

 

 

 

 

En 1966, un homme rencontre une serveuse dans une salle de billard. Ils n’auront que le temps de partager une partie de billard avant qu’il ne parte faire son service militaire. Obsédé par elle, il tente de la retrouver lors d’une permission. Malheureusement, elle a quitté son travail et elle reste introuvable…

 

 

 

En 1911, un père et son fils veulent racheter un contrat à une courtisane. Etant enceinte du fils, le père va hâter les procédures et la protéger en en faisant sa concubine. Il sera malheureusement obligé de rejoindre un révolutionnaire chinois en exil, la laissant dans l’attente.

 

 

 

En 2005, deux couples : un couple hétérosexuel, Zhen et Blue, et un couple lesbien, Jing et Micky. Zhen et Jing vont entretenir une liaison qui rendra fou de rage les partenaires de chacun. Ils ne pourront trouver le calme et la sérénité qu’au prix de leur mort.

 

 

 

Chaque histoire sera rythmée par un morceau musical, notamment "Smoke gets in your eyes" pour l’histoire de 1966, ce qui dynamisera les éventuels lenteurs de la cour qui s’opère entre le couple.

 

 

 

Finalement, le sujet "univers de l’amour" nous permet de rentrer plus facilement dans l’histoire, témoins de trois histoires bien que très différentes qui se ressemblent dans leur complexité et leur lot de joies et déceptions. L’idéal n’est jamais atteint, mais toujours fantasmé.

 

 

 

par Vero publié dans : Cinéma
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Dimanche 20 novembre 2005

Un homme est retrouvé mort dans le désert par deux gardes-frontières au Texas. Déjà mort depuis quelques jours, le corps de Melquiades Estrada, est rapidement inhumé et l’autopsie de son corps effectuée ; l’homme étant d’origine mexicaine, les autorités n’aiment pas laisser apparaître les éventuelles bavures des gardes-frontières. Pete Perkins (Tommy Lee Jones), un ami de Melquiades, va chercher à mettre la main sur l’assassin de son ami, et honorer la promesse qu’il lui avait faite : l’enterrer de l’autre côté de la frontière.

 

Incroyable road trip de trois hommes dans le désert texan : un tueur, sa victime et le justicier. La relation assez sordide entre le justicier, Pete (Tommy Lee Jones) et le mort semble irréelle et pourtant très touchante. Bien qu’il semble accepter sa mort, il continue à entretenir avec lui une relation presque filiale avec ce corps en décomposition.

 

Le personnage de Pete, remarquablement joué par Tommy Lee Jones, évolue dans cet univers tel un ange. Il semble que rien ne peut l’atteindre ; pas une larme, pas de gestes violents, mais rien ne paraît sur son visage, stoïque ; il ne semble pas faire partie du monde qui l’entoure et le dégoûte. Pour le réalisateur, on ressent que ce personnage reflète une utopie, un idéal pour un texan qui souhaiterait voir cesser ces rivalités et peut-être même le protectionnisme de l’état américain ; mais avant tout, Pete souhaite que la justice soit rendue.

 

Une rare originalité de scénario et une sublime photo ont fait de ce film l’une de plus belles surprises de Cannes. A voir et revoir.

V

par Vero publié dans : Cinéma
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